Élections communales et espérance

La fonction de maire reste la clef de voûte de la vie de nos communes, même ou plus encore quand elles sont « petites ». La personne qui remplit cette fonction a donc un rôle fondamental à jouer, évidemment. Même s’il ne faut jamais oublier que ce sont les conseils municipaux qui élisent le maire et non pas la population directement (ce qui a de grandes conséquences dans les communes où s’applique le panachage), voici certaines des principales qualités qui nous semblent plus que souhaitables pour l’exercice de cette fonction essentielle. Nous considérerons un peu plus tard les conséquences concrètes de cet « état d’esprit ». Car il s’agit bien de cela : un état d’esprit disparu depuis des décennies et à restaurer, voire une éthique.

Un maire qui ne le soit pas pour le prestige personnel, pour ajouter une ligne à son curriculum vitae, mais un maire (authentiquement) dévoué, passionné, désintéressé. Ça aide beaucoup pour œuvrer dans l’intérêt général. Eh oui ! Avoir plus de goût pour le bien-être de la population que pour les cocktails !

• Un maire qui prend des responsabilités à l’échelle intercommunale avec beaucoup de discernement, sans chercher à collectionner les postes de président ou de vice-président, au détriment de sa commune. Bien sûr faut-il des relations avec l’environnement extérieur (il est d’ailleurs aisé de les faire fructifier quand on a une réputation de sérieux et de compétences) mais pas au point d’être pris dans une sorte de frénésie qui conduit à délaisser sa propre commune, pour des raisons jamais avouées d’épanouissement personnel. Quoi qu’en disent, pour se justifier, ceux qui se sont laissés ou se laissent aller à la fascination de cette vie de réunions publiques, ça n’est pas très productif pour l’intérêt collectif local.

• Un maire qui habite la commune à temps complet, non seulement pour être suffisamment disponible mais pour avoir une réelle compréhension de ce que veut dire vivre dans la commune tout au long de l’année, dans toutes les dimensions de cette vie locale.

• Un maire qui ait à cœur la concertation permanente avec la population pour tous les sujets importants de la vie locale : ni porte à porte (d’information à la tête du client, donc de désinformation), ni plan de communication grandiloquent (même si c’est la mode), mais une information sincère et complète de la population. Ça n’est pas compliqué à réaliser (et pas seulement sur Internet bien sûr).

• Une fois cette concertation avec la population correctement organisée et réalisée, un maire qui accepte d’assumer les décisions du conseil municipal et leur application. Dans toutes les dimensions de sa fonction, un maire ne peut pas dire « ça n’est pas moi, c’est l’autre ». Il doit assumer, dans le bon sens du terme, et pas que les décisions faciles. C’est, entre autre, un gage de bonne ambiance dans sa commune.

• Un maire qui sache se garder de tout favoritisme, par exemple dans l’attribution des chantiers communaux et, même lorsque la loi ne le nécessite pas, qui organise en particulier une réelle consultation des entreprises, pour l’intérêt économique et technique de la commune. Il s’agit non seulement d’économiser l’argent des contribuables mais aussi de recourir aux meilleures compétences possibles dans chaque domaine. La recherche permanente du meilleur rapport qualité/prix quoi, comme pour une réelle gestion en « bon père de famille » (ou bonne mère bien sûr Winking).

Un maire qui ne se préoccupe pas en permanence de sa réélection et qui, ainsi, se montre réellement soucieux du bien-être de « sa » population, sans exclusive, sans délaisser certain(e)s au profit d’autres. Même une petite commune de montagne comme Albiez le Jeune présente une population très diversifiée, dans les conditions de vie, les aspirations culturelles et sociales, les niveaux de revenus, les métiers et les modes de vie, les croyances, etc.. Le maire se doit de se montrer attentif à toute cette diversité en assumant du mieux possible sa fonction au jour le jour, en ne cédant jamais à de petits calculs électoralistes.

Un maire qui sache déléguer car il ne peut et ne doit pas tout faire tout seul. Un maire qui restaure à la fois une véritable bienveillance à l’égard de tous et, osons le mot dans sa meilleure acception, une certaine autorité de la fonction, qui est d’ailleurs encore plus importante à l’extérieur qu’à l’intérieur de la commune. Mais pour que cette autorité restaurée ne soit pas autoritarisme il faut à la fois la concertation dont il est question plus haut et le souci de déléguer de véritables responsabilités (donc sans chercher à manipuler ceux à qui l’on délègue). C’est, là encore, un aspect fondamental de la démocratie locale et de ce que l’on appelle aujourd’hui le fameux « vivre ensemble ».

Certains esprits chagrins verront peut-être ici, comme cela nous a été reproché encore récemment lors d’une interruption de séance du conseil municipal, une manière de « donner des leçons ». Qu’ils se détrompent ! C’est l’expression d’une espérance. Mais ça pourrait aussi devenir une ligne de conduite à laquelle se raccrocher en dépit des vicissitudes. Une sorte de profession de foi dans ce qu’elle a de plus essentiel. Car nous sommes tous, votre serviteur y compris, parfois soumis à l’adversité et à la difficulté d’appliquer au pied de la lettre des valeurs positives auxquelles pourtant nous croyons et tenons.

Dans la même veine, il nous a aussi été reproché un jour, toujours au cours d’une interruption de séance du conseil municipal, notre « catéchisme » (sic). Assumons-le ! Même s’il n’est pas toujours facile à appliquer, un certain catéchisme de la chose publique, pour reprendre l’expression, des règles de la démocratie locale est probablement utile. Et cela ne se résume pas aux règles du Code des Collectivités Territoriales, autrefois Code des Communes, loin s’en faut. Dans la vie publique, il faut plus que jamais s’interroger sur la nécessité d’une éthique personnelle et collective, plus que jamais lors des élections.

Il s’agit finalement de donner de l’énergie à une superbe commune qui, à son échelle, recèle des richesses patrimoniales et économiques, naturelles et humaines, à la fois à préserver et à faire fructifier dans l’intérêt général.

Espérance, état d’esprit, éthique, énergie...
Les premières pierres, angulaires, d’un programme électoral ? Pourquoi pas après tout ! Happy
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