Pour terminer le mandat en beauté

[...] le quorum s’apprécie au moment de l’ouverture de la séance, mais également au moment de la mise en discussion de chacun des points de l’ordre du jour.

Lorsque le quorum n’est pas atteint à l’ouverture de la séance, ou lorsqu’il cesse de l’être en cours de séance, alors qu’il paraît indispensable que certaines délibérations soient prises, le maire peut convoquer à nouveau le conseil municipal à trois jours francs au moins d’intervalle. A la suite de la deuxième convocation, la règle du quorum n’est plus obligatoire, mais seulement pour les questions reprises de l’ordre du jour de la première réunion.

Source : Le Courrier des maires et des élus locaux

La question de la boulangerie (un des serpents de mer du mandat qui s’achève) a été abordée AVEC le quorum lors de la séance du 5 octobre. Elle ne pouvait donc pas l’être à nouveau sans quorum lors de la séance suivante du 4 décembre. NB : Seule la question du groupe scolaire n’avait pas pu être traitée par défaut de quorum du fait de la désertion de deux conseillers municipaux en fin de séance du 5 octobre, donc seule cette question pouvait être l’objet d’un vote sans quorum lors de la séance suivante du 4 décembre.

Il aurait bien été réglementaire de délibérer sur le groupe scolaire avec seulement trois membres présents. Est-ce très « glorieux » de l’avoir fait avec seulement quatre membres présents, à seulement quelques semaines des prochaines élections ? Nous laisserons le lecteur en juger. Ne serait-ce pas, une nouvelle fois, révélateur de la déliquescence de la « chose publique » à Albiez le Jeune ? En revanche le compte-rendu au sujet du vote concernant la boulangerie (commerce - boulangerie...) est non seulement incompréhensible et d’un électoralisme sans nom mais encore représente la transcription d’un événement parfaitement ILLÉGAL. Monsieur le maire, vous pouvez vous abriter autant que vous voulez derrière la sous-préfecture ou, comme dans le dernier compte-rendu, derrière l’article 2121-10 (que vous n’avez probablement pas lu car il n’y est même pas question de quorum), ça n’y changera rien. Rappelez-vous que vous aviez déjà dû, à la demande de la sous-préfecture d’ailleurs, voter une seconde fois un compte administratif alors que vous prétendiez suivre le code en le votant sans le quorum.

Mais la question règlementaire serait (presque) secondaire. D’autant que le quorum a finalement été réuni un peu plus tard. « Presque » seulement parce que lorsqu’on s’assoit sur les règlements du fonctionnement du conseil municipal on s’assoit finalement sur la démocratie locale (et du local au national, en cette matière, il n’y a qu’un pas, soit dit en passant). Quand l’électoralisme (cf. le morceau de bravoure du compte-rendu où le maire, une fois de plus, essaie de ménager la chèvre et chou, le comité des fêtes et le boulanger), le dispute à la désinvolture (le mot est faible), la mayonnaise est forcément indigeste.

Le compte-rendu mentionne : « 3 voix pour [NDLR : dont une procuration] 1 contre 1 abstention [NDLR : le maire] », sans expliquer quelle est la décision exacte concernée par ce vote. Notons que le maire, qui amène la question devant le conseil, s’abstient. Beau sens des responsabilités ! Bail, pas bail ? Investissement de la commune pour l’adaptation du local à l’usage envisagé ? Pas investissement ? Décision sans intérêt, uniquement pour la parade ? C’est plutôt vers cette dernière hypothèse que l’on penche à la lecture d’un compte-rendu une fois de plus sibyllin. Voyons ce que nous apprendra une éventuelle délibération envoyée à la sous-préfecture...

Le plus grave dans tout cela est donc très probablement la situation, emblématique, du malheureux « porteur de projet », comme on dit aujourd’hui, qui se fait promener par le clientélisme des élus depuis maintenant cinq ans, pour récolter in extremis un avis favorable qui, si on sait lire entre les lignes, n’en est pas un, à trois mois de la fin du mandat. Le narcissisme électoraliste ne produit rien de très fécond. Rien que du pathétique et de l’affligeant. On fait montre de soutien à un projet (si tant est qu’il existe réellement pour ce qui concerne le financement) tout en ne prenant aucun réel engagement. Bref ! Une délibération qui certes serait entachée d’illégalité si elle devait être prise (pour quelle décision ? difficile de le comprendre) mais qui, surtout, est sans le moindre intérêt pour le projet. Juste de la poudre aux yeux électoraliste. Lamentable ! Le spectacle affligeant d’un maire essayant de donner des gages à tous ceux dont il peut espérer obtenir les voix, n’hésitant pas ainsi à créer des situations inextricables pour de petits objectifs de comptabilité électorale, n’a-t-il pas suffisamment duré ?

Il ne serait pourtant pas très compliqué de traiter ce genre de sollicitations avec respect et sérieux, compétence et considération, en ayant toujours à l’esprit l’intérêt général qui, osons l’écrire, ne se limite pas à avoir du pain chaud dans la commune, même si ça ne serait effectivement pas désagréable. Tout le contraire de la réponse des élus en charge des responsabilités actuellement. Il n’est pas certain qu’une « collaboration » avec la commune d’Albiez le Jeune, dans les conditions que l’on connaît depuis des années, soit un gage de réussite pour une entreprise, quelle qu’elle soit.

C’est donc la question fondamentale que chaque électeur devra se poser à l’approche des prochaines échéances électorales. Dois-je favoriser par mon vote un « système » ou le copinage (appelons-le comme ça...) l’emporte sur beaucoup d’autres considérations ? Un système dont je peux espérer profiter à un moment ou à un autre mais dont je sens bien qu’il génère, pour le moins, un immense malaise car il provoque beaucoup de dégâts, non seulement économiques, mais aussi psychologiques et sociaux. Où dois-je enfin envisager un avenir plus serein, une manière moderne (dans le bon sens du terme) de gérer la commune, d’en prendre soin, par une réelle prise en compte, respectueuse, des besoins de chacun, selon la vocation d’intérêt général de l’institution « commune » qui n’est pas une simple association où l’on se partagerait un « fromage ».

Petite anecdote... en quittant la réunion au cours de laquelle a donc eu lieu ce vote favorable à l’installation d’une boulangerie dans un local communal, on pouvait entendre le maire lancer au candidat boulanger : « Tu n’oublieras pas de me faire passer ton projet ». Surréaliste ! Happy
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