Des discours larmoyants... et l'avenir ?

Entendre au soir de l’installation du nouveau conseil municipal, pendant les discours larmoyants de passage de témoin, le maire sortant invoquer la mémoire de mon père qui l’aurait formé à la gestion communale (sic) ça aura sans doute été, pour quelques-un(e)s qui ont de la mémoire et pour le moins, assez incongru. Pour un fils qui a connu la manière dont ce père a été traité comme secrétaire de mairie, viré sans ménagement après 35 ans d’exercice, comme candidat en 2001, calomnié de manière particulièrement honteuse, puis comme conseiller municipal, souvent méprisé, il s’agit d’une saillie assez misérable. Mais bon... le dernier discours de cet acabit à nous être infligé avant longtemps. Ouf !

Quant aux sanglots dans la voix du successeur... franchement... je sais bien que nous sommes dans une société du pathos et de l’ego (j’ai aussi une pensée émue à l’évocation des anciens, Jean « des mille » et bien d’autres) mais il serait aussi pertinent dans un discours d’intronisation de faire une évocation de l’avenir de la commune et d’un projet pour cette commune, et avec un minimum d’enthousiasme. Dans cette « matière » : ZÉRO ! Sans doute parce qu’on est finalement sec sur la question. Il faut dire qu’on se serait vraiment cru à un enterrement. Bonjour les tronches de circonstances ! Il est vrai que nombril et avenir collectif ne font que rarement bon ménage. Et comment un maire (à la retraite) peut-il déjà considérer, avec pourtant pas moins de trois adjoints et 36 commissions pour l’épauler, que sa charge locale sera trop lourde, au point qu’il décide d’emblée de ne pas s’impliquer en tête dans l’intercommunalité ? N’importe quoi ! © En gros c’est « Je suis maire, voilà ce qui m’importait, pour le reste, improvisons ! ». Et de désigner à sa place la quatrième personne dans l’ordre du tableau, sans doute de bonne volonté mais totalement inexpérimentée. Pas de complexe peut-être, mais pas au point que ça aboutisse à une situation aussi ridicule. Que va-t-il rester au maire ? L’inauguration des chrysanthèmes ? Un rôle de webmaster ? Happy

Une belle distribution de rôles en tout cas ! Entre les trois adjoints (même si c’est possible, est-ce bien raisonnable dans une commune comme Albiez le Jeune ?), les délégués et délégués suppléants dans les institutions intercommunales, les prochains vice-présidents des multiples commissions (dont une, concernant la station d’épuration, annoncée comme extra-municipale), chacun (ou presque) a son hochet. Voyons comment il va être utilisé et si certains n’auront pas envie du joujou du copain ou de la copine. Beau leadership ! De la délégation généralisée (et encore... à voir !) sans projet d’ensemble. Un spectacle affligeant digne d’une association mal organisée. On sent déjà que l’ambiance est à la satisfaction d’être là (et encore, vu certaines mines déconfites, on peut se demander)... mais pas plus !

Nous avons la triste confirmation que les salades électorales, cuisinées à la hâte, ne peuvent donner que des situations tristounettes. Simples citoyens, Albiez le Jeune n’est pas moins notre commune que celle des personnes qui l’instrumentalisent à des fins narcissiques (et électoralistes). Pour ma part c’est la commune dans laquelle je vis avec ma famille, dans laquelle j’ai installé depuis 2000 mon activité professionnelle. Mes enfants y vivent aussi. Ça n’est donc pas de gaieté de cœur que je fais un triste constat dès les premiers actes déplorables de ce mandat. Tant pis s’il n’est pas partagé par la majorité. J’ai l’habitude. Déjà en 2008 on pouvait annoncer la décrépitude dans laquelle s’est enfoncée la commune (relire à ce propos les tous premiers billets du blog). Les six années qui ont suivi n’ont que trop montré la justesse de la prédiction. Et on ne peut pas dire mieux aujourd’hui devant un tel amateurisme infligé par un président de séance déjà dépassé (qu’il en a même oublié de désigner un secrétaire de séance).

Mais il faut se rendre à la dure réalité. Tout cela est probablement la triste destinée, dans la situation de nos institutions archaïques, des petites communes. Les populations très peu nombreuses de ces petites entités montrent qu’elles ne sont décidément pas capables, structurellement pourrait-on dire, de se tourner vers l’avenir et sont dans l’impossibilité d’allier projet, compétence, désintéressement et vie démocratique. Vivement une réforme courageuse des institutions locales ! Sans doute faudra-t-il encore attendre un peu car nos législateurs sont souvent juges et parties, et souvent pas très courageux, sauf quand une crise majeure peut les pousser à l’être. À chaque jour suffit sa peine. Gardons espoir !
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