Payé au lance-pierres

Deuxième réunion du conseil municipal d’Albiez le Jeune. Ouillouillouille ! Attention les yeux et les oreilles ! La confirmation d’un départ sur les chapeaux de roue...

Passons sur l’approbation à l’unanimité du compte-rendu frelaté de la précédente réunion. Passons rapidement aussi sur la présentation indigente (et le mot est faible) des comptes administratifs 2013. Le maire introduit : « Je vais laisser la parole à Philippe qui va vous expliquer ce qu’il en est ». Quand le premier adjoint chargé des finances annonce « on va essayer d’être assez bref » on ne pouvait pas s’attendre à ce que ça ne prenne que 2 minutes et 30 secondes. Rien à dire de plus que : LAMENTABLE ! Pas de temps à perdre à commenter cette manière aussi désinvolte et/ou incompétente de présenter les finances de la commune... Le professionnel ne peut être qu’affligé par un tel spectacle et le contribuable scandalisé. Il paraît que l’ancien maire aurait participé à la réunion de la commission des finances qui a préparé ces comptes administratifs... Bizarre autant qu’étrange... Joli déficit en tout cas ! Elle était belle la gestion « en bon père de famille » ! Présenter des comptes administratifs en déficit, il faut le faire... Et ce n’est que l’arbre qui cache la forêt. L’ancien maire n’aura fait que planer de son ombre sur cette réunion, mais l’adjoint aux travaux, renouvelé et bel et bien présent, n’aura pas jugé bon de donner des explications sur cette situation calamiteuse. Mais il fallait s’y attendre. Nous reviendrons sur ce bilan financier que le maire et le nouveau conseil municipal se refusent à faire.

En voyant « Indemnités des élus » à l’ordre du jour de la réunion nous pouvions être pris à espérer une décision raisonnable dans ce domaine de la part du maire. Naïveté mal placée, car il a proposé bien au contraire de « maintenir en l’état de l’indemnité du maire et des adjoints ». Si celle des adjoints ne nous choque pas outre mesure s’ils font ce qu’ils ont à faire, celle du maire est en revanche, dans le contexte de ses premières décisions, particulièrement contestable.

Visiblement irrité par les remarques de quelques conseillers municipaux qui discutent ce choix et suggèrent une autre méthode de défraiement, le maire rétorque « On pourrait mais il faut savoir que l’indemnité elle est là pour couvrir les frais engagés par les... je peux vous dire que moi en ce qui me concerne personnellement je sais ce que ça coûte, aussi bien pour avoir été correspondant de La Maurienne, payé au lance-pierres, je peux vous dire que c’est, c’est pas... » [NDLR : lorsqu’il y a des « ... » c’est que les phrases n’ont pas été achevées]. Un peu plus tard il ajoute : « On en a débattu entre ceux qui étaient concernés ». Lorsqu’on est maire, ne devrait-on pas se demander s’il ne serait pas préférable de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, au moins en séance publique du conseil municipal. Ça n’est pas le café du commerce, ni d’ailleurs, que diable !

Dommage que les conseillers ponctuellement contestataires n’aient pas soulevé la question essentielle : l’indemnité au maximum du barème pour un maire qui commence son mandat en démissionnant de sa fonction de conseiller communautaire, en choisissant d’être flanqué de trois adjoints sur lequel il ne manquera pas de se décharger — finances, travaux, intercommunalité — et d’un nombre incroyable (pour une commune d’une centaine d’âmes) de vice-présidents de commission, est-elle une bonne chose pour la commune ? À l’évidence non ! Il serait tout à fait possible, et sain en l’occurrence, de voter une indemnité pour le maire très nettement inférieure à ce qu’elle est aujourd’hui et laisser en l’état celle des adjoints, et prévoir, comme la loi le permet, un défraiement des conseillers municipaux en cas de besoin. Triste spectacle que celui de ce maire qui s’accroche à ses indemnités tout en cherchant d’emblée à en faire le moins possible... Cela marquera le début de mandat de manière particulièrement déplorable.

La suite, peut-être, dans un prochain billet. Peut-être parce qu’il faut vraiment se motiver pour faire le déplacement jusqu’en mairie en sachant devoir assister à de telles réunions pathétiques. Certes la belle unanimité du début du précédent mandat n’existe pas et on sent bien de fortes dissensions et rivalités commencer à poindre, donnant un peu de piquant aux réunions. Il reste que la chose publique est terriblement martyrisée, y compris par les premiers contestataires, et l’on ne peut pas se réjouir d’un tel spectacle. Certains protagonistes n’ont probablement pas réellement conscience de ce qu’ils font. Mais même si l’on essaie de conserver le sens de l’humour, quand on s’intéresse à la gestion communale (et chaque citoyen et contribuable devrait s’y intéresser), cela fait mal au cœur.

Ha ! Au fait ! En fin de réunion le maire annonce, tout fier, la décision unilatérale (sans décision du conseil municipal donc) de résilier le contrat avec la société qui s’occupe du site Web de la commune. La maquette du nouveau site est déjà prête, proclame-t-il. Et le nouveau site devrait coûter 8 fois moins cher. Hum ! Pas en indemnités du maire en tout cas... Un maire webmaster ! C’est bien ce que nous craignions et qui se réalise. Bravo ! Il a décidément tout compris à la fonction... C’est probablement moins pénible de bidouiller devant son ordinateur que d’aller aux réunions de la communauté de communes par exemple. Une situation tellement caricaturale qu’on ne sait pas si on doit en rire ou en pleurer.
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